Observatoire des industries stratégiques européennes (OISE)

SIPRI 2014 : les exportations, reflet de l’état de l’industrie russe d’armement

La présentation du SIPRI Yearbook 2014 a donné lieu à une conférence organisée à l’IRSEM le lundi 17 mars. Retour sur des éléments d’analyses présentés lors de cette journée, en commençant par la Russie

La Russie demeure le deuxième exportateur mondial d’armement, derrière les Etats-Unis. Si l’on se concentre sur les évolutions récentes des exportations d’armements, telles que nous permettent de l’évaluer les données du SIPRI, les exportations russes d’armements peuvent être analysées ainsi :

 

Diapositive2Une domination des exportations d’avions de combat

On observe une domination encore très nette des exportations d’avions militaires, principalement d’ailleurs les avions de combat. Le Su-30 est un succès à l’exportations, au-delà de ses marchés indiens et chinois. Souvent corrélés à ces ventes, les ventes de missiles air-air et de moteurs, dont la Russie conserve la maîtrise de la production (notamment par rapport au client chinois).

Deuxième type de matériel exporté par la Russie, les véhicules terrestres (char de combat, mais surtout véhicules de transport blindé et de combat d’infanterie), et, les systèmes de défense antiaérienne, qui sont une force depuis longtemps des armements soviétiques et russes.

Les hélicoptères sont un troisième matériel qui rencontre un grand succès à l’exportation, tant pour des usages militaires que civilo-militaires.

Les exportations de navires demeurent plus tirées par quelques gros contrats, et plus limités en volume. La livraison du porte-avion Amiral Gorchkov à l’Inde, après de nombreuses avanies, est l’arbre qui masque… l’absence de forêt.

russieUne ventilation éclairante sur l’état de l’industrie russe d’armement

Cette ventilation des exportations russes d’armements n’a que peu évolué depuis 20 ans. Cause ou conséquence, les exportations reflètent aussi l’état de l’industrie russe d’armement :

  •  l’industrie aéronautique est clairement la plus performante : elle a su se regrouper autour de groupes puissants (Irkout, sukhoï, eux-mêmes sous l’égide d’un conglomérat publique OAK). Les exportations ont permis la modernisation de l’outil industriel. Surtout, cette industrie est aussi tirée par le développement d’avions civils (superJet 100 pour Sukhoï, MS-21 pour Irkout).
  • l’industrie terrestre semble progressivement tiré son épingle du jeu, sur des niches : systèmes antiaériens, véhicules de combat.
  • l’industrie navale est clairement plus en difficulté, sauf exception (chantiers pétersbourgeois pour les frégates) : elle peine à sortir de 20 ans d’absence de commandes de l’Etat, qui ont entraîné une fuite des cerveaux, un vieillissement des installations industrielles.
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Cette entrée a été publiée le 20 mars 2014 par dans Commerce international, Industries, Recherche et Développement, et est taguée , , .
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